Said Hajjaj « Najib Salmi » :
Hommage à un Maître et un Mentor
Par Dr Zakaria Benomar Farès
Le paysage médiatique marocain garde en mémoire l’empreinte indélébile d’une de ses figures les plus lumineuses. Saïd Hajjaj, que le public et ses pairs ont appris à aimer sous la signature prestigieuse de Najib Salmi, n’était pas seulement un journaliste : il était la conscience vivante et le gardien de la mémoire sportive de notre Royaume.
Un héritage de noblesse et d’excellence
Fils de la terre généreuse de la Chaouia, Saïd Hajjaj a porté toute sa vie les valeurs de droiture et d’authenticité de ses origines. C’est à Casablanca que son talent s’est révélé, faisant de lui un pilier incontournable de la presse nationale.
Sa carrière reste indissociable du journal L’Opinion, où il a dirigé la rubrique sportive avec une maestria restée légendaire. Ancien président de l’Association
Marocaine de la Presse Sportive (AMPS), il a œuvré sans relâche pour donner ses lettres de noblesse au métier, transformant la simple chronique de match en une véritable analyse sociologique et technique.
Le plaisir de travailler aux côtés d’un géant : mon témoignage
Pour ma part, je garde un souvenir d’une richesse inestimable : celui d’avoir eu le plaisir immense de travailler à ses côtés durant quatre années. En qualité de journaliste sportif correspondant, chargé de couvrir les activités hebdomadaires du championnat de basketball au Maroc, j’ai eu le privilège de côtoyer l’homme derrière la plume.
Pendant ces quatre ans, j’ai pu littéralement « me nourrir » de son expérience. Saïd Hajjaj n’était pas avare de son savoir ; il prodiguait ses conseils avec une bienveillance paternelle. Travailler avec lui était une école de chaque instant, un apprentissage continu où les leçons de journalisme se mêlaient à une culture sportive encyclopédique. Il m’a appris que la rigueur de l’information ne devait jamais sacrifier l’élégance du verbe.
L’art de la plume et de la parole
Celui que nous appelions affectueusement
« Salmi » possédait un don rare :
• Une plume d’orfèvre: Que ce soit au sein d’Al Ittihad Al Ichtiraki ou de L’Opinion, il savait restituer l’âme d’une rencontre en quelques lignes.
• Une voix radiophonique : Sur les ondes de la Radio Nationale, sa précision permettait aux auditeurs de visualiser chaque action, chaque dribble, chaque émotion.
• Une mémoire prodigieuse : Capable de citer des compositions d’équipes des années 60 avec une exactitude déconcertante, il imposait le respect par sa maîtrise absolue des archives du sport mondial.
Un homme d’intégrité et de cœur
Au-delà de l’expert, nous retenons l’homme de cœur. Malgré son statut de doyen, son humilité restait sa plus grande vertu. Il était ce mentor protecteur pour la jeune génération, fuyant la complaisance et plaçant toujours l’intérêt du sport national au-dessus de tout. Son humour fin et son élégance relationnelle faisaient de chaque rencontre un moment de culture et de fraternité.
Une prière pour l’éternité
Aujourd’hui, alors que son héritage continue d’inspirer tous ceux qui embrassent cette noble profession, nous élevons nos prières vers le Créateur.
Nous prions Dieu le Tout-Puissant d’accorder Sa sainte miséricorde à Saïd Hajjaj (Najib Salmi), de l’accueillir en Son vaste Paradis parmi les vertueux et les justes, et de l’envelopper de Sa lumière éternelle. Que le Très-Haut apporte patience et réconfort à sa famille, à ses proches et à toute la famille de la presse sportive marocaine.
« Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons. »









