Botola Pro entre plâtrage, amateurisme et professionnalisme ?  

ميلودة جامعي29 يوليو 2026آخر تحديث :
Botola Pro entre plâtrage, amateurisme et professionnalisme ?  

Zakaria benomar Farès

Dr en sciences de Gestion et Dr en Coaching Mental.

 

La Botola Pro (le championnat professionnel marocain) connaît en cette saison 2026-2027 une mutation remarquable, marquée par l’implantation de l’école portugaise sur les bancs de touche de six clubs de première division de premier plan (parmi lesquels le WAC, l’AS FAR, le FUS de Rabat, MAS, CODM, etc.). Un phénomène que certains présentent comme la preuve d’un pas vers la modernité footballistique, tandis que les experts et analystes n’y voient qu’un simple « emplâtre cosmétique » masquant une plaie béante et une stérilité structurelle qui ronge l’ensemble de la pyramide du football national.

 

La ruée vers les Portugais : succès technique ou fuite en avant ?

 

L’engouement pour les techniciens venus de Lisbonne ne relève pas du hasard : analyse statistique et numérique, rigueur tactique, formation académique de pointe et capacité à allier préparation physique et mentale sont autant de facteurs qui ont poussé les clubs à voir en eux les sauveurs suprêmes de résultats immédiats.

Cependant, la proche histoire footballistique nous enseigne que les expériences des grandes écoles étrangères à la renommée mondiale — que ce soit en Afrique ou dans les championnats d’Afrique du Nord — se heurtent souvent à la réalité locale si elles ne reposent pas sur des fondations solides. Lorsque de grands clubs tunisiens, égyptiens et récemment du Golfe ont recruté des noms européens prestigieux sans environnement propice, l’issue a été fatale : saignée financière, limogeages en série et absence totale de durabilité. Malgré toute l’excellence de sa compétence, l’entraîneur portugais demeure un « élément complémentaire » au sein d’une organisation supposée être globale et intégrée, et non une baguette magique capable d’effacer des années d’amateurisme.

 

La Botola Pro : le « fils prodigue » et le plus grand frein pour l’équipe nationale

 

À l’heure où l’équipe nationale marocaine trône sur le toit du continent et du monde grâce à la vision royale clairvoyante et à l’investissement exceptionnel dans l’Académie Mohammed VI et la formation des professionnels, le championnat local demeure le « fils prodigue » et le parent pauvre, incapable d’éແມsclore de véritables talents capables de s’imposer durablement aux plus hauts niveaux internationaux et continentaux.

Nous faisons du surplace. Le championnat national souffre toujours de :

Un niveau de jeu moyen et une lenteur dans le rythme des rencontres.

Une programmation chaotique et saisonnière qui ignore les moindres standards professionnels de temps et de logistique.

Des structures de formation faméliques qui ne produisent que des joueurs dépourvus de la maturité mentale et tactique requise lors du passage au haut niveau.

Dès lors, comment une compétition locale espère-t-elle produire des champions alors qu’elle est gérée avec une mentalité d’amateurs et qu’elle manque cruellement des conditions minimales de spectacle et de conviction ?

 

Le diagnostic audacieux de notre football : quand la gouvernance s’efface et que l’amateurisme prospère

 

Miser sur le recrutement de six entraîneurs portugais ou d’ailleurs, tout en ignorant les piliers fondamentaux du football moderne, revient à bâtir un palais sur des sables mouvants. Aujourd’hui, le football ne se résume plus à onze joueurs sur le rectangle vert ; c’est une industrie économique et administrative intégrée au sein de laquelle nos clubs pèchent par l’absence des composantes suivantes :

 

1-Le management sportif et professionnel : L’absence d’un véritable directeur sportif capable de concevoir une stratégie à long terme, loin de la logique de réaction au coup par coup et des transferts opportunistes.

2-Les Ressources Humaines (RH) : La carence criante en matière de formation, de communication interne, de systèmes d’information, ainsi que de prise en charge sociale

3- Absence d’un coach Mental pilier de la performance au sein de nos clubs.

4- Absece d’un nutritionniste capable d’équilibrer la nourriture et protéger les joueurs par un manger sain,

4-La gouvernance en générale à travers la gestion financière et le marketing : Des budgets en lambeaux, des dettes abyssaux

5-Absence de partenariats économiques réels permettant aux clubs d’autofinancer leur modèle.

2. Les infrastructures et la logistique : Un retard criant concernant les terrains d’entraînement, les conditions de déplacement et les centres de récupération modernes.

 

En Conclusion, quand passerons-nous du « colmatage » à la « révolution structurelle » ?

 

L’invasion portugaise en Botola Pro reflète la volonté de changement des clubs, mais elle met aussi en lumière leur incapacité à s’autoplanifier. Si cette vague technique ne s’accompagne pas d’une véritable révolution législative, administrative et structurelle redonnant vie aux institutions footballistiques et balayant les pseudo-dirigeants de l’approximation, notre football local continuera de procréer des champions par pure coïncidence tout en engendrant des crises profondes à la chaîne.

 

Aujourd’hui, la balle est dans le camp des responsables du plus haut niveau. Les seuls capables d’innover, raffiner, cogiter, simplifier et booster cette dynamique pour un Maroc fort et un championnat fructueux. C’est pourquoi, : il faut bâtir un système footballistique solide de la base au sommet.

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